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Première série des remixes de l’album "Day by Day" de Femi Kuti

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Première série des remixes de l'album "Day by Day" de Femi Kuti

Après l’album Day By Day, les Djs se sont emparés du dernier disque de Fémi Kuti, digne fils du père de l’AfroBeat Fèla Kuti.

Chinese Man - day by day (remix)

Day By Day, le titre éponyme le plus roots et proche des musiques africaines par ses chœurs, donne lieu deux remixs. Le Folkdub Posse l’a simplifié (enlevé la guitare de l’intro) pour mettre les chœurs à l’honneur, rajouter peut-être quelques échos dub aux vocaux, et une discrète rythmique de cordes en contrechant. Comme quoi remixer ne veut pas toujours dire rajouter, aussi parfois enlever certains éléments pour en mettre d’autres au premier plan. Le collectif Trip-Hop Marseillais Chinese Man l’introduit par une phrase de Féla Kuti dans son Live avec le batteur de Cream Ginger Baker qui remplaça un temps Tony Allen souffrant : Let’s Start What We Came In The Room To Do, au début du titre Let’s Start de leur Live de 70, suivi de beats ethniques clapotant autour du thème de Femi Kuti qui s’éloigne et revient comme sous l’effet d’une marée sonore, parfois réduit à une rumeur derrière le dub. Lui n’a gardé que la première phrase, autour de laquelle il organise ses variations électroniques tout en la scratchant par instants.

Let’s Make History, qui fermait l’album sur un mode un peu plus ramassé, est remixé par le duo BoomBass from Cassius sur un mode rendant la guitare plus funky en l’accélérant, rajoutant des chœurs et des beats, pour une version presque plus live que l’original, plus blaXploitation, une version des ghettos afro-américains, dirai-je. Cet edit gonfle les deux minutes de l’original à 7 minutes de remix, rajoutant des impros d’orgue rageuses.

Le claviériste français basé à San Francisco General Elektriks est celui qui connaît le mieux Fémi Kuti et sa musique, ayant travaillé avec lui sur Shoki Shoki et sa voix, isolée avec les chœurs sur ses claviers trouve une nouvelle émotion sur une guitare funky sur le beat de You Can Have Watergate (but give me some bucks and i’ll be straight) de James Brown et ses JB’s avec Macéo Parker, au message proche de Fémi mais venant des ghettos noirs, repris par De La Soul dans Ring Ring Ring. Et ses claviers Ethio Jazz vintage font de General Elektiks le plus musicien live de ces DJs.

Le rythme afro beat de Demo Crazy est vaporisée par EarthRise Sound System (Duke Mushroom et Derek Beres), qui modifie les cuivres façon Dub avec un côté spatial, rapprochant copiant/collant le solo de saxophone, le faisant entre les paroles mystiques anti-Christiques ou le ralentissant sur une guitare funky, le prolongeant sur tout le titre, le réorganisant sous l’effet de ce cut-up sonore et prolongeant le mordant des cuivres vers l’outer space, inventant leur propre version par éloignement/rapprochement des éléments live, les décomposant/recomposant. Et à force de les entendre, je comprends que Demo Crazy peut aussi s’entendre Démo-Cratie devenue folle.

Les DJ de la radio KCRW de Los Angeles ont ajouté leur touche : Do You Know, revendication musicale des influences Jazzistiques citées en introduction, est remixé par Raul Campos de Los Angeles, y ajoutant une rythmique dancefloor de son cru. La voix de Femi Kuti y paraît plus suave sur les claviers avancés en introduction, plus lointaine, a avancé le solo de saxophone et les autres improvisations live, entrecoupées de la voix de Femi, qui ne cite son père Féla Anikulapo Kuti qu’à la fin sur une rythmique batucada électro dancefloor.

Femi Kuti - Eh Oh (Liza Richardson remix)

Eh Oh a été remixé par Liza Richardson, également de LA, DJ radio Californienne connue pour avoir supervisé la musique de plusieurs films. Son style est en effet plus cinématographique (un peu à la Cinematic Orchestra). Une intro tribale vous fait rêver jusqu’au dub en avançant. Elle a mis en exergue les percussions, plutôt discrètes dans l’original, puis la voix de Fémi kuti, plus que les chœurs reprenant Eh Oh, nous y fait entendre des éléments passés inaperçus, ramassant les cuivres sur la fin ce qui leur donne un côté plus fanfare indienne, puis finissant par les chœurs, dans leur fragilité et avec émotion nouvelle, isolés du reste. Le Mosaïc Remix de Tell Me du Californien Jeremi Sole zappe les claviers introductifs pour les cuivres et la voix de Fémi, puis place l’orgue, plus funky, entre deux bons beats, suivi du du plaidoyer pour l’éducation et la fin des carences alimentaires et rajoute une cantatrice finale. Dans cette nouvelle organisation, la chanson est plus forte et funky.

Enfin, You Better Ask Yourself , ses cuivres Afro Beat et sa critique de l’indifférence collective envers l’Afrique plus douce vocalement que celle de Féla, donne lieu à trois remixes. Façon Reggae Dance Hall par le duo Bost & Bim sur une bonne basse et un riff d’i Shot The Sheriff , comme si Fémi jammait avec Bob et ces deux musiques engagées pour le Tiers Monde se rejoignaient. Enfin, Jason Bentley, lui aussi DJ à la radio KCRW de LA, entoure les interrogations et le discours de Fémi Kuti dans You Better Ask Yourself d’une progression House sensuelle.

De Marseille, de France, d’LA ou frenchy exilé à Frisco, ces DJs nous font entendre la musique de Fémi Kuti différemment en y amenant leur patte, lui sculptant des écrins, respectueux de ses éléments et de son message, mais y ajoutant leur choix musical, leur conception de sa musique, la portant ailleurs, et nous la faisant entendre différemment.

Afro-Beat , Coup de coeur , Dubstep-Break , Electro , Electro-Groove , Funk-Jazz , Roots , Trip-Hop , Video

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