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Ben Sidran European 5et présente Dylan Different Live In Paris At The New Morning

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Ben Sidran European 5et présente Dylan Different Live In Paris At The New Morning

Le pianiste et chanteur Ben Sidran propose Live au New Morning un Dylan différent, mais personnel, et plus proche de l’original que celui de Brian Ferry, accompagné d’un 5tet Européen : Erik Truffaz et de son bassiste Marcello Giuliani (qu’on attendait pas sur ce terrain) et notre Rodolphe Burger régional (ex-leader de Kat Onoma) à la guitare et à la voix sur deux titres.

En Intro, Sidran part en quête de Dylan à partir de son mystère, ce pseudonyme de poète Gallois (de son vrai nom Robert Zimmerman) et cette voix incroyable, nasillarde, presque insupportable et bouleversante à la fois, éternel vagabond. Sidran prêche et rappe en talk-over sur son bon piano funky obsessionnel sur la batterie d’Alberto Malo que « Bob Dylan est un écran sur lequel nous projetons nos propre films », et enchaîne sur l’un des plus beaux Gospels de la période Chrétienne de Dylan : « You Gotta Serve Somebody », avec une voix plus proche Springsteen qui le rend profane, et montre qu’il est aussi un grand pianiste de Jazz.

« Rainy Day Woman » devient un Blues avec Rodolphe Burger à la guitare, plus sobre que la fanfare freak et foutraque de Dylan sur « Blond On Blonde » chez Dylan et se paie même le luxe de le croiser avec la rythmique « Blue Monk » de Thelonious Monk, ce qui fait un magnifique mélange.

« Blowin’The Wind » est reprise en duo avec Rodolphe Burger, là encore devient plus ballade que protest song, retrouve une émotion différente de l’original, avec Burger en Tom Waits ou Leonard Cohen sombre et profond, le duo rappelant un peu ceux de Dylan et Joan Baez, la batterie martiale de la fin rappelant l’engagement. « Subterranean Homesick Blues » de l’album « Bringin’ All Back Home » est modernisé en Blues’Hip Hop/ Spoken Word avec un superbe Erik Truffaz à la Miles sur la bonne guitare Jazz Rock de Burger, un peu à la manière de son frère noir James Blood Ulmer. Sidran dépasse le seul débit des mots de Dylan en le rendant plus actuel.

« All I Really Want To Do » fait une magnifique ballade meilleure que l’original (mais je ne suis pas fan d’« Another Side Of Bob Dylan » et son « All I really want to do-o-o » un rien boyscout), magnifiée par un arrangement un peu piano-bar et la belle trompette à la Chet Baker de Truffaz.

« Tangled Up In Blue » de l’album « Blod On The Tracks », dernier retour émouvant de Dylan en 1974 après son accident de moto et sa période Country, est rendue plus funky avec Truffaz en fond sonore.

Les constats « Everything Is Broken » (de l’album « Oh Mercy » en 1989 et « The Times They Are –A-Changing » qui changea le monde, mais quelques années plus tard en 1968, sont revisités en Blues du Bayou à la Doctor John avec Burger en slide ou Truffaz en fond sonore, et « On The Road Again » garde sa verve avec un Rodolphe Burger psychédélique à la wah wah et un Truffaz Miles électrique survolté.

BEN SIDRAN - EVERYTHING IS BROKEN

(...) Ben Sidran donne ce que Dylan n’aurait pu leur donner à ses chansons : une autre voix (...)

Autre délire Dylanien, « Maggie’s Farm » (toujours sur « Bringin’All Back Home ») devient avec Sidran un Blues plus intimiste avec Truffaz derrière lui à la Miles puis à la Chet derrière la guitare Rock psychédélique de Burger, enlève tout le côté bouseux, daté et pittoresque mais daté de l’original.

« Love Minus Zero (No Limit) » (de l’album « Blonde On Blonde ») redevient ce simplement qu’elle est : une des plus belles chansons d’amour de Dylan, une ballade qui mériterait d’être un standard de Jazz avec Truffaz à la trompette. Ben Sidran a trouvé un phrasé plus naturel qui rend plus justice aux textes de Dylan que leur auteur, parfois trop dans la démonstration de texte.

Enfin, Sidran a composé un beau texte pour Dylan que Burger a mis en musique, « We Are Here But For A Minute » qui n’était pas sortie sur le disque, chanson belle à pleurer, avec Burger aussi émouvant dans la gravité que le Lou Reed de « Songs For Drella » et Truffaz aux contre chants sublimes.

Dylan n’est que Dylan, pas un jazzman, son talent est dans ses mots et sa façon inimitable, mais qui sera toujours du Dylan, de les servir, et peut aujourd’hui ne pas être à la hauteur de l’amour qu’on lui porte sur scène ou sur disque. Ben Sidran donne ce que Dylan n’aurait pu leur donner à ses chansons : une autre voix, plus intimiste, une liberté les sortant du récitatif 60ies, une émotion différente, personnelle, et pour la première fois l’habillage que le Jazz donne à ses standards, en fait des classiques. Et on ne les en aime que davantage (Sidran, Dylan et ses chansons). A acheter les yeux fermés pour écouter au coin du feu.

Coup de coeur , Jazz , Video

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