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Inspiration Information 4 par Jimi Tenor et Tony Allen

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Inspiration Information 4 par Jimi Tenor et Tony Allen

Pour son quatrième disque après celui de l’Ethiopien Mulatu Astatqué et les Heliocentrics la série « Inspiration Information » du label Strut propose un disque de deux musiciens passionnés d’Afro- Beat : le claviériste, chanteur, saxophoniste, flûtiste et producteur finlandais Jimi Tenor, qui malgré ses origines des pays froids et sa trombine à lunettes à la Austin Powers a le mojo de l’Afro Beat comme l’un des meilleurs héritiers de Fèla Kuti au saxophone et de la spiritualité délirante de Sun Ra aux claviers space cosmiques et dans ses choeurs réunis en une seule personne, et le batteur historique de Féla Kuti, qui avait déjà enregistré avec son groupe Kabu Kabu et est revenu très fort l’été dernier avec son album « SecretAgent ».

Jimi Tenor / Tony Allen Inspiration Information 4 Interview

Dès Against The Wall, les claviers psyché/space de Jimi Tenor vous mettent en orbite de la Galaxie Sun Râ (qui pensait dans sa philosophie cosmique que le peuple noir était venu de l’espace et du soleil pour diriger le monde en s’appuyant sur la civilisation Egyptienne qui d’ailleurs adorait le soleil sous le nom de Râ), moelleusement escortés des vaisseaux/saxos d’une section de cuivres à la Fèla sur les rythmes terrestres de Tony Allen et leurs voix se mêlent avec groove, celle de Tony Allen de prêcheur afro et celle de Jimi Tenor plus pop, Northern Soul, dans l’aigu.

Sur une guitare funky, Sinuhe nous entraîne sur les traces de Sinoué L’Egyptien, roman de Mika Waltari et le film qui suivit, et fit qu’une boutique Finlandaise fût appelée Sinuhé, suivant une communauté chorale digne de celles de Sun Râ dans une faille spatio-temporelle des années 70ies Africaines avec cuivres péplumiens et groovys sur la batterie exotique de Tony Allen, piano à pouces et vocaux Afro prêchant à la Fèla dans « Lady » ou comme un vieil abkon guaguanco en transe de Cuba.

Le mirage se trouble avec les claviers électro comme une eau limpide soudain troublée l’espace d’un instant, puis revient rutiler dans l’éclat de la trompette et la guitare lointaine menant cette caravane à travers les dunes afro-solaires.

Preview Inspiration Information Jimi Tenor/Tony Allen

Selfish Gene est un de ces petits bijoux jazzy et funky dont Jimi Tenor à le secret avec une chanteuse émouvante déjantée à la voix haut-perchée jusqu’au cri étouffé (ou serait-ce lui ?) surfant sur les claviers afro vintage de Tenor et son puissant saxophone sur la batterie crépitante drum’n’bass d’Allen.

Path To Wisdom commence par un bulletin d’information rappé avec soul et la présence du chanteur de proto hip-hop Zodiacal de Cannonball Adderley sur un fond de claviers et cuivres et la la batterie breakbeat de Tony Allen, dénonçant la Maison Blanche, prêchant l’Amour contre la moquerie, suivi du Ténor de Jimi et de ses claviers eXPérimentaux et inquiétants.

De la Sagesse, nous abordons par des clameurs chorales la Darker Side Of Night, la Face Sombre de la Nuit chantée par Tenor d’une voix pleine d’angoisse. Ce que Jimi Tenor a apporté à la musique de Fèla et Sun Râ, c’est ce côté vintage, cinématographique dans ses arrangements, pop, northern soul, amusant, dans ses vocaux pas seulement fait pour la puissance et la transe scènique, et une touche d’humour, de fragilité. On peut aussi apprécier ici son jeu de flûte 60ies, puis qui part en cri free à la Dophy.

(...) La jungle Africaine et Asiatique superposent leurs moiteurs noire et jaune comme les rayures d’un tigre inconnu, imaginaire (...)

La seconde partie du disque nous emmène vers d’autres rivages moins attendus. Mama England est un appel musical téléphoné de Guinée Bissau vers les communautés déportées de la Jamaïque avec un côté Rasta, spirituel, Nyabinghi à la Count Ossie dans sa bonhomie et un humour à la Linton Kwesi Johnson comme dans un quartier Jamaïcain de Londres.

Got My Egusi revient au Nigéria sur des cuivres vintages et à l’AfroBeat vocal invitant à la danse à la Féla en plus Soul, dépassant le sens politique qu’il donnait à sa musique par l’énergie collective. Mais Cella’s Walk nous emmène plus loin, après des percussions latines ou gamelans, en passant par des cuivres Ethio Jazz, les lames du piano à pouce ou quelque autres cordes nous emmènent en Asie, dans un Viêt Nam à la Nguyen Lê. La jungle Africaine et Asiatique superposent leurs moiteurs noire et jaune comme les rayures d’un tigre inconnu, imaginaire.

A la musique de Fèla, de Sun Râ, Jimi Tenor a apporté des associations, des connexions auxquelles eux-mêmes n’avaient pas pensé et qui lui sont propres, les a fait évoluer jusqu’à notre époque en gardant ce qu’il faut de vintage et en projetant vers l’avenir une modernité futuriste de science-fiction.

Enfin, le dernier titre, Three Continents prolonge cette idée par une traversée au long cours de 13 minutes où se retrouvent ces trois continents : les flûtes Africaines qui ressemblent aux clarinettes taqara des tribus amazoniennes du Brésil, les cordes d’Inde et d’Asie et la batterie Caraïbe de l’Amérique du Sud, puis les cuivres et les chœurs, se mêlant en un continent inexploré, imaginaire où ils se confondent, né dans l’esprit de Jimi Tenor et Tony Allen, un Finnois et un Nigérian.

Jimi Tenor a su dépasser la transe scénique ininterrompue de Fèla et l’improvisation Jazzy spatiale de Sun Râ, les fondre en lui, en un monde où Fèla serait le sol de terre rouge de l’Afrique pour faire danser nos pieds et Sun Râ l’espace infini, cosmique, des étoiles au-dessus de nos têtes pour faire rêver nos têtes et nos âmes à d’autres galaxies possibles, et ne plus faire l’un sans l’autre.

Afro-Beat , Coup de coeur , Funk-Jazz , Roots , Video , Vieux-Son

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