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[Electro Hip Hop] Art District et Rouge A Lèvres en Live à la Salamandre - 06/06/2008

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Le samedi 7 juin dernier, le festival Contre Temps conviait quelques talents Hip Hop et DJs Européens cru 2008.

On pouvait y entendre « Art District » groupe local Hip Hop Live de Rhum One (Beatbox) et Mr E (MC) (Eli Finberg de Woodstock), accompagnés d’un fender rhodes, d’une basse et d’une batterie. Rhum One, vêtu d’un T-shirt « I Love NY » orange souffle, repris par les claviers, la batterie, légère puis de plus en plus forte et Mr E, T-shirt rouge au lutin tribal ou extraterrestre blanc, en anglais sur tempo lent et la basse électrique.

« Entering », commence Mr E, à quoi répond Rhum d’une voix monstrueuse, puis ils sautent en tous sens sur le groove accéléré. Mr E dit au public de se rapprocher sur un groove léger du synthé dans un hymne au ralliement « Get Together ». Le fender rhodes est extraordinaire sur cette belle mélodie montée en solo plein de soul. « Allways get high, because, because » sur le même groove montant, avec des claviers à la Hancock groove sur la basse funky. C’est Seb au fender rhodes.

« Vous demandez à chanter, c’est facile, One Two Three, over and over and over again », avec Rhum One doublant la batterie, Mr E “waitin’ for vibration”, “over and over and over again” comme une transe encore et encore sur le fender rhodes poétique “again”, et le refrain est répété par le public « ove rand over ». Art District les convie à l’ « universal party » de son message positif, puis batterie et rhodes accélèrent, et la basse part en disco, rhum scratche vocalement « over n’over again ». « Come On », sur un début cool, poétique, du rhodes, puis pêchu sur les claquements du public, « Come’one everybody / When I see the clouds », variant le flow puis plus pêchu. « What Is going On », se demandait déjà Marvin Gaye. Eux leur chanson part « Going Going Gone » énergique sur le rhodes, groovy sur la caisse claire et le tinkty boom et la basse disco, « Going Going Gone » de plus en plus Clubbing avec Rhum en voix sample scratche.

Rhum « attaq’ le mic », d’une voix profonde monstrueuse puis deep, beatbox dont sort un pitbull rugissant à l’éveil, en réaction comme en avion au décollage, un didgeridoo vers l’Australie, sur plusieurs percussions de la derbbouka au zarb iranien galopant, rencontrant la voix aïgue des Comics de Betty Boop ou Mickey, puis part en Dance Hall, en tube techno solo à lui tout seul (« I Like It Move it Move in » de Reel 2 Real en 1994), se baisse comme à l’affût des sons, les chope, accélère le rythme, dans une lutte entre Mickey et le monstre, David et Goliath, et finit à l’harmonica « pour les américains » mais y rappelle aussi les ghettos noirs d’Afrique Du Sud dans leurs danses en rond blues tribales rythmées par les pieds. Le plus beau chez lui c’est quand la machine montre qu’elle est encore humaine, et que l’humain a incorporé la machine, tout cela juste par une gorge, plusieurs voix en une et un micro amplifié, comme si toutes les musiques vivantes et électroniques du monde s’y retrouvaient, s’y condensaient, au naturel et dans l’humain sans effet aucun. Mr E revient sur scène : « Cette soirée va commencer à vraiment pèter/ à cartonner » sur la basse groove qui joue assis, la batterie claire et Rhum qui fait des voix aigues derrière lui sur le fender space. « Vous rapprocher. Levez les bras les mains » pêchu puis fender coule avec la basse et batterie en suspense comme dans la BO d’un film Blaxploitation qui évolue soudain en drum sur la batterie n’ bass sur la basse vers la « Jungle » improvisée avec des breaks collectifs, chacun dans sa partie et en place mais dans une vraie énergie collective qui fait sauter la basse en l’air. Le rhodes reste l’élément poétique, rêveur, le ciel étoilé qui dériv dans une vraie impro Jazz Groove, pas seulement de l’énergie, la joie, l’énerjouasse sur les syncopes de la drum’n’bass. Soudain ils changent de rythme sur la basse, comme apeurés entre des murs dont Mr E les libère en allumant un « Fire ! » sur le synthé à la Truffaz.

« Ready ? » Prêts un vieux Hip Hop de 93, « Dreams » de Wu Tang Clan, avec Rhum, dans le scratch aigu sur un piano presque afro, balafon ou clavinet, sanza ou piano à pouces par sa finesse imperturbable sur laquelle l’avion de l’Air-Rhum One qui décolle vers l’Afrique. Le rhodes se fait ensuite comique, Gangstarap à la 2 pacs sur tinkty boum. « Wanna Feel Yo » « Anything » syllabique sur synthé poétique, basse groove et batterie pour intermède jazzy de la section rythmique qui s’y révèle vraiment capable d’improvisation Jazz, en plus de sa polyvalence rythmique toujours efficace et libre. Mr E part dans un exercice « age », fait rimer « cépages » et « nuages » sur un clavier à la Omar Sosa avec Will Power sur « Bembon Roots III ». Avec Rhum, pas besoin de DJ aux platines, il semble en avoir avalé une. Puis ils partent en Disco Clubbing sur la batterie afro et le rhodes bien au fond des notes, improvisant comme un groupe de Jazz Funk 70ies. Suit « Definition », le morceau du CD promo, « Try To find », cherchent de nouveelles définitions à l’art du hip hop avec rhum one doublant en seconde voix aigue Mr E. Puis un intermède plus cool du synthé à la Truffaz sur la basse disco pendant la montée de batterie qui arrache un « Yo ! » à Mr E. Si cette « nouvelle définition » consiste à réintégrer une section rythmique Jazz /Funk live dans le Hip Hop en lui laissant l’occasion et l’espace pour improviser et jouer vraiment avec la beatbox humaine et le MC, j’espère qu’elle fera école. « On approche doucement de la fin », annonce Mr E. Le titre suivant commence cool avec synthé, basse et voix accordés en un même flot mélodique qui nous transporte « Back in the days » du souvenir, puis s’accélère pour espérer « back in the days » le retour de ces jours sur la mélodie soul du rhodes et les ras de la batterie et solo rhodes blax final dans les aigues. « Dernier Morceau » : Mr E prêche en faveur d’un « 6ème élément, 6ème sens », puis la mélodie se fait soul hip hop, légère pour accueillir « spring is almost here ». Le flow et les textes de Mr E ont une qualité musicale, mélodique poétique et festive, et à ce que j’en comprends dans sa rapidité, leur message est toujours positif… Qualités qu’ion aimerait entendre plus souvent dans le Hip Hop.

En intermède arrive DJ DSL (pour Dj Super Leiwand-excellent), de Vienne, capable de squatter un riddim studio One et « I L.O.V.E. You », raggamuffin de Yellowman en son propre nom. Il mélange des rythmes Reggae/Ragga avec des beats et des vocaux Hip Hop, greffe l’ « Eye Of The Tiger » de Rocky sur du Ragga énergique et Dance Hall. Une Dance Hall Queen de retour du match Portugal-Turquie où elle dut être la plus jolie des supportrices, pom-pom girl ou majorettes, danse pieds nus avec son drapeau en guise de foulard rasta corsaire dans ses cheveux.

Arrive « Rouge @ Lèvres », le second groupe de Hip Hop, alliant la House mais pas que de KM3 aux platines et le flow a deux têtes des rappeurs Grems et Le 4 romain aux micros du label « Deep Hop ». D’emblée sur une rythmique Deep House, le public (très rajeuni) tape des mains. Ils promettent « rien de méchant sur les filles ou les mecs, juste de l’éclate ! » « Mais Comment ? Comment ? » demandent–ils déjà en sautant hystériquement entre des strophes à la mitraillette et trop de balles vocales pour en comprendre le sens, suivis par les jeunes. Deuxième mot d’ordre de l’adolescence attardée assumée comme tel : « Rigolo ! » sautant comme des lapins roses Duracell puis dansent la bourrée à deux. Bon ça c’était Rigolo. Troisième Beat, troisième titre, problème quotidien du pouvoir d’achat des ados mas pas que « ma carte à puces a chauffé ». Moralité « Toutes des salopes ». Ça se gâte sur les promesses de respect.

Mais ça ne pouvait pas durer bien longtemps ces bonnes intentions : « Les mecs sont des salopes aussi ! » Le plus navrant c’est que les jeunes des deux sexes applaudissent également à ces propos. Pas une pour défendre l’honneur des femmes d’un hououou moqueur ou vengeur. Alors pour eux, ce qu’ils peuvent faire de plus généreux, c’est d’abaisser l’homme au niveau de leur mépris pour la femme ! C’est le nivellement par le bas, au ras des pâquerettes, oui. Et pourquoi pas vous hisser à être juste des mecs bien, à la tolérance, à l’abnégation, à la tendresse et à la force d’une seule femme, à la cheville de laquelle ils n’arriverez jamais, même sans talon aiguille ! Evidemment c’est moins facile. Pour moi l’alliance du Hip Hop et de la House reste celle d’un bruitisme sans sens et de textes débiles sans rien autour, celle de la peste et du choléra contre toute intelligence humaine. Je suis trop vieux je suppose. Car les jeunes trouvaient ça génial, montaient sur la scène jusqu’au dernier. Mais les textes manquaient de toute idée politique, de tout message positif, faisant juste l’apologie de l’hédonisme ado dans ce qu’il a de plus potache, et quand on y comprenait quelque chose, on était encore plus déçu que ce soit si creux. J’aurais presque préféré la provocation gratuite d’un "nique la police" d’NTM ou n’importe quel texte d’IAM dans "Ombre Est Lumière".

On a pu se calmer ensuite avec une belle place alcaline de Cool Jazz de KM3 avec une jolie mélodie « musique douce sur une île bleue » chantée avec soul par Grems, dédicacée à Disiz La Peste « en prison ou chez les huissiers », ou qui a autre chose à faire, auquel cas c’était marrant comme excuse, qui les a rejoints avec DJ Gero après leur premier LP en 2005. Le titre suivant part « de plus en plus vite », entrecoupé de « Faites du Bruit ! » sur un backing funk et de lyrics rapides. Le 4 romain promet une « performance peaeaeace » qui commence cool puis part de plus en plus rapide. A son tour Grems demande « du bruit et Grems il vous casse » et part très rapide mais le débit du flow emporte tout même le sens sur son passage. Suit un Hip Hop à deux temps sur les problèmes d’adolescents et le public en chœur.

Un autre chanson agréable prend un tempo Brazil sur lequel ils promettent de "transformer le club en boîte » au cri de « Salsa ! » avec presque un message : « tu vis un jour », le texte semble poétique et en place, entre plage et prison « Body Love Body Love » et conclue : « N’ayez surtout pas peur de votre sexualité ». Suit un Beat plus lourd mais au second son intéressant entre deux breaks, même quelques percus latino, puis « NOUVO » sur l’absurdité de la mode adolescente, où la complicité des deux chanteurs fonctionnait bien dans la variation des flows, un Funky Hip Hop sur de l’electro Dark, et un morceau a cappella « conscients qu’on est difficiles à comprendre ».

Le dernier morceau aurait pu résumer toute la prestation : « Gâches » ah non « Guinches ! » mais qui ne ferait pas daser le MIA à un Marseillais Big Up final « et un grand silence pour Disiz »

Pour finir, Danilo, d’Inverse Cinematics, DJ allemand de Stuttgart, réjouissant sa House juicy d’influences soul ,funk, world, d’Afrique mêlant ses balafons à ses beats, tandis que le VJ Menno Otten d’amsterdam diffusait sur grand écran des images de tribus d’Afrique et de clubs Africains, bien adaptés à la musique. On y croisait sur les rythmes variés de Pablo Valentino, Brazil ou Disco, la voix de Cesaria Evora sur un beat tek et finalement la jonction magique des deux hémisphères rythmiques de la clave cubaine et de la batucada Brésil juste avant l’extinction de la musique avec le retour de la lumière dans la pièce.

Electro , Festival Contre Temps , Hip-Hop , Live , Strasbourg , Tribune libre

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