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Découverte

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Les sorties du 1er trimestre 2010 du label Ninja Tune

le 7 février par : Dj Barney Laisser un commentaire

Alors que le label anglais Ninja Tune s’apprête a fêter son 20ème anniversaire en septembre, le Ninja crew sort pour ce premier trimestre 2010 les nouveaux opus de Blockhead, Jaga Jazzist ou encore des eps pour Grassscut, Anti-Pop Concortium ou Poirier, sans oublier le nouvel Lp solo de Louise Rhodes sur la subdivision Motion Audio ! Quant a Bonobo, le très attendu album ‘Black Sands’ sort en avril et on en reparlera en temps et en heure !

(...) J. Simon la tête pensante de Blockhead connaît son boulot. 12 titres dans la droite lignée de son album ‘Music Of Cavelight’ (...)

Ce qui est franchement agréable avec Ninja Tune, c’est l’éclectisme des signatures, des sons loin d’un formatage malheureusement si courant aujourd’hui. Vous aimez le breakbeat endiablé, mais vous ne crachez pas sur les cordes langoureuses ou le funk organique, alors ‘The Music Scene’ de Blockhead (Ninja Tune 149/Pias) est pour vous ! Le titre a rallonge ‘Which One Of You Jerks Drank My Arnold Palmer ?’ en est la prevue récurrente. La d’n’b soft et lègère de ‘The Daily Routine’, le downbeat en forme de valse spatiale ‘Four Walls’ ou le downtempo ‘Farewell Spaceman’ montre que J. Simon la tête pensante de Blockhead connaît son boulot. 12 titres dans la droite lignée de son album ‘Music Of Cavelight’.

Anti Pop Consortium- Volcano Video

Autre tuerie de ce début d’année, le hip hop de Anti Pop Consortium relooké par Four Tet sur le titre ‘Volcano’ (Big Dada 153/Pias). Le travail du son est dément et si le phrasé rap n’est pas a votre goût, optez pour les instrus... C’est franchement passe partout et peut être callé dans un set tek, broken ou électro... les B.E.P façon Guetta peuvent se rhabiller !

(...) Un joyeux fourre tout pour danser laissant a penser que Poirier s’est inspiré de l’acid house ou new beat de la fin des 80’s (...)

Autre genre, autre bombe, la fuerie ‘Muppet’ de Grasscut (Ninja Tune 244/Pias). La VO est un pont entre breakbeat énervé et rock dingo c’est alors qu’intervient Nathan Fake, le trublion électro du label Border Community prenant un malin plaisir a jouer des distorsions et saturations de la VO pour en faire un OVNI sonore jouissif et dancefloor. Le dernier maxi de Poirier ‘Low Ceiling’ (Ninja Tune 253/Pias) s’ouvre sur un ‘Marathon’ dancefloor et tribal proche d’un DJ Mujava qui mute sur ‘90’s Backyard’ électro bien chargée en basse dont les claviers lorgne sur l‘hymne ‘Ibiza’… Un joyeux fourre tout pour danser laissant a penser que Poirier s’est inspiré de l’acid house ou new beat de la fin des 80’s.

Grasscut - Muppet from Ninja Tune

(...) Pour faire simple je dirais que ‘One Good Thing’ est a Louise Rhodes ce que ‘Out Of Seasons’ fut a Beth Gibbons (Portishead) (...)

Après toute cette énergie dépensée a suer sur la piste de danse, on se délectera du dernier album de Louise Rhodes (ex Lamb) signé sur Motion Audio le label des Cinematic Orchestra affilié a Ninja Tune. Pas étonnant pour Louise Rhodes, elle avait participé au dernier Lp des CO. Le disque est co-produit par Andy Barlow qui fut sa moitié sur le groupe Lamb. La voix de Louise Rhodes est reconnaissable entre mille, légèrement éraillée et si touchante. Musicalement ‘One Good Thing’ (Motion Audio 001/Ninja Tune/Pias) est épuré… LA VOIX de Lou, guitares, basses et cordes ! Enregistré en seulement 2 semaines, on reste sur le c-l par le résultat. Pour faire simple je dirais que ‘One Good Thing’ est a Louise Rhodes ce que ‘Out Of Seasons’ fut a Beth Gibbons (Portishead). Je n’ai qu’une hâte, la voir en ‘live’ à la Flèche d’Or à Paris ce printemps !

Enfin, les norvégiens de Jaga Jazzist viennent de sortir ‘One Armed Bandit’ (Ninja Tune CD152/Pias). Cette troupe de 9 musiciens portée par son leader Lars Horntveth aime le brassage des genres, les grandes chevauchées musicales, les mariages soniques improbables… Lars ayant qualifié l’album comme la rencontre entre Fela et… Wagner ! Cet album frugivore (voir la pochette !) est a classé entre Gang Gang Dance, Konono N°1 et Tortoise. Mention spéciale pour ‘Touch Of Evil’ et ‘Bananfluer Overalt’. A découvrir !

Dj Food : The Shape Of Things That Hum

le 3 février par : Dj Barney Laisser un commentaire

Le collectif DJ Food (P. Carpenter & K. Foakes) pour un deuxième single en 2009 après le ‘One Man’s Weird Is…’ de l’été 2009. Les pionniers du label Ninja Tune (avec Coldcut) livrent a nouveau un son incisif mais toujours enveloppé d’ambiances cinématiques tel ce ‘Sentinel (Shadow Guard)’ qui se décline plus loin en ‘Lunar Defence’ dans un exercice acoustique – ambient du plus bel effet ! Du spoken word sur de l’abstract beat, c’est un peu leur marque de fabrique (‘Brother John’).

Avec ‘Giant’, DJ Food renoue avec le downbeat étiré digne d’un séminal ‘Dark Lady’. Enfin, last but no least… ‘All Covered In Darkness’ est remixé par Mr P sous la forme d’une suite en 3 parties de 13 minutes plutôt midtempo ou sont injectés des éléments acids. Et ca le fait ! A noter que cette suite ne figure pas sur le pressage vinyle du maxi ! AAAHHHHHHHH, shame on you !

DJ Food & DK present - Now, Look & Listen

Da 1st Stroke of Elisa Do Brasil

le 1er février par : Bishop Laisser un commentaire

A l’heure où la drum & bass semble s’être bien implantée dans l’hexagone, Elisa Do Brasil, grande activiste et deejette résidente des célèbres soirées ‘Massive ‘ au Rex, en profite pour sortir ‘First Stroke’ son premier (et bien nommé) album.

Au menu de ce premier essai hétéroclite, des invités (Dj Ben, Bbb, Netik, Mc Youthstar, Miss Trouble Mc, Blender, Danakil) du hip hop « edb » du nu breaks (« wet panties ») de la drum&bass dancefloor tantôt teinté d’electro (« stroke » « the player ») tantôt plus liquid funk (« mother misery ») . La natif de Brasilia s’essaie même, plutôt bien, au dubstep (« ask me question » « what do you want from me » )

Elisa Do Brasil à porté un premier coup honnête avec son « 1st stroke », on attend de voir ce que donnera la suite de ses enchaînements sur la durée…

Elisa Do Brasil [L’Endroit Nancy 15.01.10]

Tribe : "Rebirth", Renaissance de la Tribu Jazz/Soul produite par Carl Craig

le 30 janvier par : Jean Daniel Laisser un commentaire

La libération des noirs américains par l’obtention des Droits Civiques et donc de leur musique donna lieu à la fureur du Free Jazz, mais aussi dans les années 70s, à un courant plus Jazz Soul, Peace & Love, idéaliste de cette tendance libertaire, assumant à fond le côté funky et groovy, la Soul autant que le Jazz, et même les influences Africaines, toutes les facettes de la Great Black Music héritées du Jazz et de ses dérivés.

Carl Craig presents Tribe live von Jazz à la Villette

(...) A Detroit, un génération sauve l’autre (...)

Le collectif TRIBE (la TRIBU) est né dans les années 70s de la rencontre du tromboniste Phil Ranelin et du saxophoniste et clarinettiste basse Wendell Harrison, piliers de séances du label Motown. Ils montent un label indépendant, Tribe Records, où les rejoignent le trompettiste Marcus Belgrave et le batteur Doug Hammond. Le collectif fut dissous en 1975.

Mais c’était sans compter Carl Craig, l’un des fondateurs de la Techno de Detroit, qui reforme le collectif en 2007 et produit en 2009 leur nouvel album, « Rebirth » (RENAISSANCE). A Detroit, un génération sauve l’autre.

Dès Livin’ In A New Day, sur le groove d’une basse funky, le collectif Tribe s’ébranle, s’ébroue à nouveau avec Wendell Harrison, renaît pour un nouveau jour, un nouveau disque, avec le son à peine voilé de la trompette de Marcus Belgrave, le chanteur quintessence de la Soul, avant le trombone de Phil Ranelin sur le groove impeccable de la rythmique de Doug Hammond. On sait que tout est là et a toujours été là entre leurs mains depuis plus de trente ans, et a gardé cette épaisseur de son dans l’arrangement.

(...) comme s’ils voulaient investir la musique black composée depuis leur absence, (...) montrer qu’eux aussi peuvent le faire, et y arrivent (...)

Les reprises sont aussi à l’honneur mais ne lasseront pas ceux qui connaissaient déjà Tribe : Glue Finger dont les premiers échanges nous rappellent ce que doit Steve Coleman à Tribe (comme Lesli, rythmé aux claquements de doigts d’un groove tribal au naturel), puis s’adoucit en un solo de trompette à la Donald Byrd période Jazz Soul Years et un solo de saxophone digne des grands jours funky de Blue Note de Wendell Harrison sur les roulements drum’n’bass de Doug Hammond. Autre reprise qui ne se repose pas sur ses lauriers, Vibes Of Tribe très roots puis funky dans l’original mais alors comme inachevé ou ouvert à une suite, terminé ici sur une rythmique très modernisée, enrichi, groovy, comme s’ils voulaient investir la musique black composée depuis leur absence, rattraper le RH Factor de Roy Hargrove (auquel Jazz On The Run semble adresser un cort clin d’œil en interlude), montrer qu’eux aussi peuvent le faire, et y arrivent, en y ajoutant leurs références, un petit peu de standard rémanent dans le solo de trompette, puis des fulgurances à la Miles Davis électrique et des éclats de cuivres rythmant l’ensemble.

"Vibes from the Tribe" by Phil Ranelin and the Tribe

Le très improvisé Son Of Tribe rappelle plus encore Miles Davis électrique et son Jazz Rock Bitches Brew, son funky Jack Johnson dans les échos d’effets de la trompette sur la batterie crépitante rappelant celle d’ On The Corner, ou sur scène, le Call it Anything de l’Isle de Wight.

Denekas Chant débute sur une basse Jazz perlée et majestueuse suivie de riffs de cuivres puissants, d’un bon solo de trompette, d’une clarinette basse ingénue et d’un trombone dans les basses. C’est cette Afrique rêvée, repensée, fantasmée d’Amérique. Pour danser, Ride chevauche bien funky, groovy, avec des cuivres ponctuant/poursuivant en taxiphonant l’impeccable rythmique funky basse/batterie comme Lalo Schifrin Isaac Hayes dans un film Blaxpoitation.

(...) Et ça peu de jeunes Jazzmen serraient capables de le faire. Il faut pour cela toute une vie de Jazz derrière soi. (...)

Enfin, leur science plus ancienne et éternelle et plus rare du Blues instrumental le plus pur jusqu’au bout de la nuit est bouleversante dans 13th and Senate avec la trompette à peine bouchée de Belgrave, le bon saxo qui fait monter la sauce comme dans les ensembles collectifs hérités du New Orleans et de toute l’histoire du Jazz et du Blues via Kansas City si justes, et pourtant dont toujours un au moins s’échappe en free juste ce qu’il faut pour créer le risque de la dissonance sans jamais parvenir à franchir la ligne de l’inaudible. Et ça peu de jeunes Jazzmen serraient capables de le faire. Il faut pour cela toute une vie de Jazz derrière soi.

Et pour finir, il y a cet ultime petit miracle solaire et acidulé de Where Am I avec une délicieuse chanteuse acidulée Soul en guest, jeune mais qui a le Jazz, la Soul, les feulements félins en fond de gorge des grandes chanteuses de Jazz sur des chœurs cosmiques à la Sun Râ comme un dernier message de paix et d’amour adressé à l’univers, avant les breaks de trompette et la clarinette basse à la Yussef Lateef ou Pharoah Sanders dans l’aigu.

Tribe n’a rien perdu des racines des racines de la tribu Jazz Soul Funk Groove et nous donne une grande leçon de musique : on peut respecter l’esprit du Jazz pur en s’inscrivant dans sa modernité, faire le grand écart de son éternité.

Moonstarr is back en feat. Tony Ezzy avec "Farfisa 45"

le 18 janvier par : Sebb Laisser un commentaire

A Montréal city, quand la figure de proue du label PTR (Public Transit Recording) invite une gloire locale à venir exprimer sa fougue musicale sur deux track, cela donne le maxi "Farfisa 45".

Moonstarr feat. Tony Ezzy : hav’em

Mon premier, Moonstarr, mijote alors des instru à classer directement dans la catégorie hip hop jazzy options gros jeu de basse / breakbeat digne de N.Y.C. Reste mon second, un personnage atypique et en haut en couleur, auteur compositeur interprète, le pas assez célèbre Tony Ezzy, de s’occuper de la saveur ajoutée. Pour cela, il parcourt les titres ’Hav’Em’ puis ’Laham Baagine’ avec un jeu de clavier à faire pâlir n’importe quel funky man averti, convertissant chaque seconde de ce maxi en machine à groover, tout cela avec un naturel déconcertant, voir même exaspérant (dans le sens positif du terme), nous sommes jaloux. Mais pas au point de bouder le plaisir que procure ce maxi, surtout pas.

la vidéo

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