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A découvrir, l’album de Karimouche "Emballage D’origine"

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A découvrir, l'album de Karimouche "Emballage D'origine"

Karimouche, Carima fait la fine mouche du Hip Hop mais pas que, à la saveur des faubourgs, car unique et semblable à nulle autre plus riche ethniquement d’influences diverses et jazzystiquement. Elle a une présence vocale et vient du théâtre où elle a fait des costumes avant de passer sur scène et d’être remarquée. Elle s’amuse de l’image qu’on voudrait lui coller sur le dos à cause de son « emballage d’origine », mais sait habiller ses origines de façon surprenante, justement.

Karimouche : Petit Kawa

(...) mais on la devine capable de coups de gueule ironiques à la Yelle pour de faux et plus émouvante (...)

Elle étonne dès son P’tit Kawa, commence sa journée au réveil par un Hip Hop accordéon musette et guitare manouche revisité façon dub, plus Java et parigotte que Cité (elle aime Fréhel), un balafon, une vraie batterie et de bonnes basses, y pose sa gouaille à l’Arletty Soul à la Berry du Paris Combo, elle critique notre société de l’intérieur de ses nombreuses voix. Elle prend pour elle et s’amuse de cette identité nationale qu’on aimerait lui refuser sans perdre sa diversité culturelle et personnelle, mais on la devine capable de coups de gueule ironiques à la Yelle pour de faux et plus émouvante, ô combien moins agaçante.

L’Emballage d’origine commence en assumant son côté arabisant dans le premier couplet, puis part en ragga et se bat « œil pour œil, cœur sur cœur, cerveau contre cerveau » et critique les ersatz de tous bords de notre société de consommation où tout se vend en produits dérivés mais déçoit les promesses de l’étiquette : « tu devrais examine cette saucisse avant d’l croquer (... ) Assure-toi qu’la came est dans l’emballage d’origine ». ça fait rire au début, mais elle chante avec Soul ou critique avec un naturel de conversation, puis ajoute quelques jolis contre-chants, et musicalement c’est plus riche qu’il n’ y paraît, façon couche sur couche et collage.

Je parle trop part plus en groove urbain, puis part en raï vers Barbès, et montre qu’elle a aussi un sacré débit et du bagou, mais varié rythmiquement et vocalement, ne nous assomme pas juste d’un discours débité au km/s, et l’opératrice lui dit qu’elle a épuisé « le temps de parole autorisé » ironiquement, si d’aucuns voulaient la prendre au sérieux, à moins que ce ne soit une critique sociale plus sérieuse des tarifs de téléphonie mobile...qui s’enraye.

Contretemps revient depuis sa naissance fantasmée sur des accords arabo-andalous mâtinés de dub electro sur le fait de sembler toujours suivre quelqu’un d’autre à l’école, au rendez-vous galant et ainsi de suite et espère à force d’être en retard échapper à la mort par des chemins de traverse. Qui peut aujourd’hui se vanter d’être le premier, et jusqu’à quand ?

Chépas c’ke j’veux est drôle mais émouvant, casse le mythe de la fille capricieuse sur une guitare hawaïenne et hésitante et plaisante avec ses musiciens sans pouvoir choisir le solo sur une guitare funky. Mais finalement elle nous propose plus de petites éventualités plus séduisantes enfilées, comme des parles non assorties, samples live qu’on les préfère à l’ennui d’une ligne unique suivie.

Firmin explore le Tango’lectro urbain Parisien du trottoir, aborde le turbin qu’il la force à y faire avec une gouaille émouvante à la manière des Elles (Quand je serai vieille...) mais aborde ses coups, mais il se fait serrer patr les condés et elle devient la gagneuse de Riton... Parasites, après en avoir été traité par les Assedics devant son P’tit Kawa, pour aborder un parasite artiste fauché squatteur sur des vocaux arabisants puis des chœurs Soul et sa gouaille parigotte ou latine muchacha avec Kosh à la beat box, Jean Pierre Caparossi aux claviers.

KARIMOUCHE "Raggamuffin"

Son Raggamuffin est aussi plus Rock et comique que jamaïcain et parodie ses copines branchées, toxicomane ou anorexique mais retrouve quand même le zoom zoom d’NTM, « plus efficace qu’une barre à mine » sur l’air de My Sharonna avec l’humour de Michaël Youn dans Comme des Connards... il y a chez elle un côté Fatal Bazooka du tube mais sans l’artillerie lourde, le charme en plus et l’humour plus concerné que bêta. Tiens, les gamins devraient écouter ça plutôt que « Parle A Ma Main », ils en seraient moins bêtes !

Atmosphère disait Arletty, elle a changé celle du Méropolitain en Métro RER bondé avec la misère qui fait la manche en intermittente du spectacle. Mais là encore derrière l’ironie, le fond sonore est plus riche qu’il n’y paraît et elle plus aussi émouvante que comique. Tizen là encore n’est pas Japonais mais arabe quand on ne l’attendait plus sans renier le padam padam d’une Edith qui piaffe sur l’ électro légère ambient et... un ‘ti (peu) zen ?

Bref, si vous n’avez pas envie de savoir ou avez déjà compris pourquoi Diam’s a fait une dépression, jetez une oreille du côté Karimouche, elle est plus drôle, n’est jamais où on l’attend mais en rajoute d’ailleurs sans se prendre au sérieux, c’est ce que le hip hop féminin a fait de plus émouvant et original depuis longtemps ou depuis toujours, de plus humain.

Découverte , Hip-Hop , Video

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