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Gilles Peterson nous présente Havana Cultura

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Gilles Peterson nous présente Havana Cultura

DJ mondial, Gilles Peterson découvrit la musique Cubaine par « Chekere Son » d’Irakere mais n’était jamais allé à Cuba quand il y fut invité en 2008 à enregistrer les nouveaux talents pour cette compilation Havana Cultura dans les mythiques studios Egrem à La Havane.

Gilles Peterson Presents Havana Cultura

Il y découvrit tout d’abord l’excellent pianiste Cubain Roberto Fonseca, connu du monde du Jazz pour avoir collaboration avec Wayne Shorter, puis par ses propres disques. Son piano en timba met dans l’ambiance des grandes descargas d’Israël Cachao Lopez dès « Pa’ Gozar » et livre des improvisations extraordinaires dans les instrumentaux dignes des Tumbao All Stars, tout en assurant un soutien sans failles et plein de surprises dans « Think Twice » et dans sa composition « Mami » en trio suivi de chœurs et « Rezando » en trio qui ferme le premier disque sur une rythmique moderne et fluctuante, déjà remixés sur le web.

Les reprises des classiques cubains sont présentes, à commencer justement par « Chekere Son » de Paquito D’ Rivera (saxophoniste d’Irakere à ses débuts), chanté par la propre sœur de son claviériste Chucho Valdès, Mayra Caridad Valdès fille comme lui du pianiste Bebo Valdès. Autre reprise excellente, « Afrodisia », composé par le trompettiste Bop Kenny Dorham (bien remplacé par Yefris Valdès) pour son album Latin Jazz « Afro-Cuban Kenny Dorham » avec Oscar Patato Valdès aux congas, remplacé par Yaroldy Abreu, efficace « Havana Cultura Band » rassurant sur l’avenir de la musique Cubaine après la disparition de la plupart des papys des Afrocuban All Stars/ Buena Vista Social Club.

(...) ces reprises, font entrer ce répertoire Cubain, tout en en respectant la tradition, dans le nouveau millénaire (...)

Dans « Homenaje A Benny Moré », le plus grand chanteur Cubain (les « Uh Mambo ! » dans les mambos de Perez Prado, c’était lui, puis il vola de ses propres ailes avec sa Banda Gigante), son tube « Que Buena Baila Usted » un poil trop lent est revitaminé par le piano salsa et les cuivres, nappes DJs cosmiques et vocaux Hip Hop de Gente De Zona à la façon « Cubaton » (le reggaeton à la cubaine) dont ils sont les inventeurs et les fleurons. Le « Caravan » de Duke Ellington est remixé/scratché façon dub aux cuivres ska et vocaux raggas en espagnol par le pilier de la scène électronique Wichy Delgado et Tony Rodriguez du projet D’Jazz. Bref, ces reprises, font entrer ce répertoire Cubain, tout en en respectant la tradition, dans le nouveau millénaire.

Mais la grande nouveauté est la vivacité et la variété de la scène vocale Soul, et Hip Hop et sa capacité à moderniser la tradition en y restant fidèle. Danay est une sublime Soul Sister de 24 ans influencée par Erikah Badu et Jill Scott vivant à Santa Fe qui illumine de son charme au flow léger de fraîche sirène fragile « Lagrimas De Soledad » (No Existen Palabras), puis semble avoir grandi d’un coup d’un CD à l’autre jusqu’à la maturité vibrante et insoupçonnée dans « Individual » à la Mayra Andrade. Autre jeune prodige, Yusa, joueuse de très (guitare cubaine à trois cordes doubles) se déploie sur des claviers funkys légers. Descemer Bueno et Kevis Ochoa montrent une enthousiasmante fusion de flamenco à la cubaine et de vocaux latin hip hop roots.

Côté Hip Hop plus urbain, on trouvera plusieurs tendances : les pionniers Doble Filo sur un bon track blaxploitation à l’ancienne avec soupirs et cordes disco, cuivres funkys et chanteuses soulful montrent leur culture du Funk Soul US dans un magnifique « Amor Internacional », puis un côté plus incisif et rythmé avec le chanteur plus traditionnel Pepito dans « Que Tu Crees » toujours portés par de bons cuivres. Free Hole Negro sont plus Hip à l’américaine dans leur dernier tube « Listos Pa’ La Lucha ».

On découvre aussi Obession, duo d’Alexei Rodriguez Mola et Magia Lopez qui avait déjà collaboré avec Roberto Fonseca « Un Munton de Cosas » au hip hop cool et planant à la Guru dans « Me Lastimas ». Plus récents et révolutionnaires, Los Aldeanos (élus meilleur groupe de rap en 2009) rappent « Pasa El Borrador » sur le sample d’ une Amy Wynehouse plaintive vocodée/Akonisée dans l’aigu. Mais les troubadours Hip Hop des rues Ogguere restent proches du Son, Cha et Mambo, rendus célèbres à Cuba pour leur tube pêchu « Como Esta El Yoghurt ? » rappelant l’énergie des premiers Irakere comme « Aguanile Bonko », rappant/prêchant sur fond de guaguanco la seconde version de « La Revolucion Del Cuerpo » sur un bon très de Son.

La revolución del cuerpo : Ogguere feat. Doble Filo, Danay, Obsesión

Le hip hop cubain peut aussi être cool et spirituel et émouvant, quand Kumar rappe « Accompañamos » accompagné tel un abkon (chanteur de Guaguanco) dans une prière à la déesse-mer de la Santèria Yemaya devant la marée par un fond roots & funky de percussions cubaines à la Omar Sosa et de voix et le piano d’Harold Lopez-Nussa (neveu d’un grand pianiste de Latin Jazz) déjà reconnu par la scène Jazz du Festival de Montreux par un premier prix qui ferme le disque par « La Jungla » rappelant « Afro-Blue » de Mongo Santamaria. Dans le même esprit poétique sur une rythmique riche de cuivres à la Sosa, la poétesse urbaine Telmary montre sa capacité à passer d’un climat très cool à quelque chose de plus en plus agité sans quitter une certaine grâce.

(...) la Havana Cultura est bien vivace (...)

Parfois anciens et modernes se retrouvent, quand Mayra Caridad Valdès flirte avec l’electro dans Ipacuba remixé façon dub par Demus et Vince Vella rappelant un peu la collaboration d’Orlando Cachaïto Lopez avec les platines de DJ Dee Nasty dans « Cachaïto In Laboratory », sur une sorte de Guaguanco chanté par le chanteur, peintre et danseur de la scène fusion Francis Del Rio rappelant un peu le bluesman Roberto « Bobby » Carcassès avec qui il a travaillé et rendant hommage aux esprits des grands musiciens Cubains sur la clavé d’un Guaguanco-space dans « Sentimiento ».

Entre tradition respectée et modernité prometteuse, la Havana Cultura est bien vivace, en espérant que Raul Castro donne à ces jeunes talents la liberté mener la carrière internationale qui leur est due.

Articles sur la musique cubaine :

Découverte , Electro-Groove , Funk-Jazz , Future-Jazz , Hip-Hop , Video , World-Music

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