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[Contre Temps 2009] Fanga fait résonner l’Afro Beat de Féla à la Salamandre, le Jedui 11 juin 2009

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[Contre Temps 2009] Fanga fait résonner l'Afro Beat de Féla

Cette article fait partie d’une série en cours sur le festival Contre Temps 2009.

Fanga (Force spirituelle en Dioula) de Montpellier fondé par Serge Amiamo avec son chanteur Burkinabais Yves Khoury alias « Korbo ». Après des débuts Hip Hop, ils se sont spécialisés dans l’Afro Beat à leur sauce et ont même été adoubés par Tony Allen, batteur de Féla Kuti, jouant sur leur album « Natural Juice » en 2007 et continuent leur chemin par d’autres collaborations Africaines au Togo.

Fanga - crache ta douleur (live)

"L’Afro Beat fut créé par Féla Anikulapo Kuti, Nigérian, et nous essayons de régurgiter cette musique à notre façon"

Ils commencent par « Imo Sina », « contre certaines personnalités comme Monsieur Sarkozy », ayant gardé du Hi Hop l’engagement et la revendication, la révolte, dans une forme Afro Beat africaine. Dans ses transitions aussi, Korbo utilise des formules d’une sauvage magie essentielle avec cette voix, cette conviction, cette générosité qui ne trompent pas, qui dépassent la seule révolte vers un idéal collectif à partager ensemble dans la musique et pour un monde meilleur.

Le chanteur Korbo au shekere (calebasse dans une maille de billes résonnantes) a la pêche de Féla Kuti et son courage quand il chanta en public « Zombie » (qui assimilait les soldats Nigérians à des robots zombies) malgré l’interdiction du gouvernement Nigérian, malgré toutes les pressions politiques et subit leur répression (destruction de sa prpriété de Kalakuta par l’armée, où sa mère fut jetée par la fenêtre et mourut de ses blessures). Le fender rhodes assure des riffs sur deux temps de la batterie à la cymbale en clavé et des congas. Le rire du chanteur (HA HA HA) est énôôrme, n’a pas peur est aussi puissant et terrible que celui de Féla par son insoumission et sa révolte sur le saxophone baryton.

Le chanteur explique : « L’Afro Beat fut créé par Féla Anikulapo Kuti, Nigérian, et nous essayons de régurgiter cette musique à notre façon ». Sans section de cuivres, ils savent recréer cet Afro Beat groovy et sautillant saupoudré des notes du clavier qui montent sur la batterie jusqu’à la transe, sur des titres plus courts que chez Féla. Le clavier peut parfois prendre le son saturé du Xénophone de Bojan Z. Le chanteur a cette attitude charismatique de Féla mais plus Hip Hop, avec un jeu de scène dramatique. D’ailleurs le Hip Hop Africain marche très fort en ce moment avec le projet de Didier Awadi sur les Présidents qui veut rendre les jeunes Africains fiers de leur passé politique en leur rappelant Lumumba et d’autres héros de l’indépendance. Mais par rapport à cette scène Hip Hop Africaine, la musique de Fanga est portée par l’authenticité, l’énergie Live d’un vrai groupe et l’émotion de l’Afro Beat, ainsi que par la personnalité de Korbo.

(...) "Tout le monde doit être au courant de la corruption, de l’oppression, de la révolution !!!", prêche Korbo (...)

Dans une autre chanson, “I Didn’t Know”, il dénonce en anglais et africain la désinformation, l’apprentissage de nos ancêtres les gaulois aux petits africains, « pour que personne ne puisse jamais dire « I Didnt’Know » (Je ne savais pas) : « Everybody needs to know about corruption, oppression, REVOLUTION !!! » (Tout le monde doit être au courant de la corruption, de l’oppression, de la REVOLUTION !!! », prêche Korbo avant le solo de saxophone. L’information et la conscientisation sont essentielles dans un monde désinformé par mes médias et nos préjugés. Féla lui-même faisait des conférences pour débarrasser les esprits africains des idées des colonisateurs.

Sur un tempo plus Funky, ils poursuivent avec « Afrikalofolo », avec un solo de saxophone, puis « Dounia » enregistré avec les Togo All Stars et sorti depuis en maxi , qui signifie la Terre en bambara, « pour le retour à la terre, celle qu’elle a été et ne sera plus jamais et celle qu’elle restera pour toujours », celle rouge de l’Afrique que les futurs esclaves caraïbes ont dû quitter de force, et que d’autres quittent aujourd’hui pour fuir la misère et la dictature, et être si mal reçus chez nous.

Comme celui de Fèla, le message de Fanga se veut aussi pensée didactique sur le monde et l’Afrique, libération du Colonialisme, espoir d’une vie meilleure en Afrique et invitation à venir visiter ces pays. Ceci sur une vraie cohésion musicale, un son de groupe puissant soutenant le discours par la transe groove de la danse à la Féla, un saxo free mais pas trop et un fender rhodes space, à la fois planante et énergique.

« Don’t Close Your Doorways » ("Ne fermez pas vos portes") clame Korbo avec un côté pêchu, le saxophone de Martial Reverdy soutenant le chant sur les bruits électroniques du laptop. Le côté Rock de Féla est présent aussi dans la furie publique que provoque la transe Afro Beat sous la clameur.

Suit « Noble Tree », longue improvisation du dernier album « Natural Juice », enregistré avec Segun Damisa, membre de la communauté de Féla à Kalakuta, chanteur et percussionniste Afro Beat Nigérian Nigérian ()et leader des groupes Alkebu Ian à Abuja au Nigéria puis des Afrobeat Crusaders à Bordeaux, et décédé en 2006, mais dont l’œuvre se perpétue à travers Amayo, chanteur d’Antibalas.

C’est ainsi que l’Afro beat de Fèla continue de vivre à travers le monde, et pas seulement par ses deux fils, l’aîné Fémi Kuti ( né en 1962), qui a travaillé ave son père qui avait reconstruit le Shrine Auditorium, la salle de concert de Féla à Lagos à nouveau détruit par la police quelques jours avant l’anniversaire de sa mort et le dernier Seun Kuti, 22ans, qui, après avoir commencé à 9 ans comme choriste de Féla, et est accompagné par le groupe de Féla Egypt 80s.

« There Was A Time »…le chanteur se fait aussi conteur engagé : « Il faut régler le problème de notre culture qui été démantelée au profit d’une politique extérieure » sur le fracas de la batterie de Samuel Devauchelle, les percussions d’Eric Durand, le son du rhodes de David Rekkab de plus en plus aïgu..

(...) c’est ce groove funky obsédant où synthé, saxo et laptop aux sons space se confondent en une même énergie (...)

Par ce regard de Korbo VENU DE L’AFRIQUE, Fanga offre une autre forme d’engagement, un nouveau regard sur la Métropole, un autre point de vue critique venu de l’Afrique-même, différent du Hip Hop français venu des secondes générations des cités, les appelant à la redécouverte des origines, et nous à dépasser notre ethno-centrisme.

Suit le très efficace titre éponyme de « Natural Juice », « parce qu’on nous pousse à nous conformer. Alors il est TEMPS de retrouver ses instincts, de retrouver en nous notre jus naturel, notre Natural Juice »

Le Natural Juice de Fanga, c’est ce groove funky obsédant où synthé, saxo et laptop aux sons space se confondent en une même énergie portant les rugissements de Korbo, avant un solo de saxophone au vibrato poussé jusqu’au cri, tout en gardant le groove . Joué ainsi, le saxophone devient aussi sauvage et terrien, ethniue, Africain, naturel et humain que les percussions, presque vivant.

Fanga : Natural juice Live

Natural Juice ce sont aussi les baguettes qui font parler les peaux aux tambours la langue rythmique de l’Afrique mettant la tribu du public en transe sur le son énorme du fender rhodes Ethio-Jazz et du saxophone, tout cela venant du fin fond des origines, les rappelant et nous y ramenant, partageant avec nous cette énergie brute, sauvage, plongeant le public aussi dans son Jus Naturel, qui est aussi la sueur de la danse répondant à l’énergie du groupe en un même bain de communion musicale.

En Bis, puisque le public est « toujours debout », ils terminent par l’instrumental « Crache Ta Douleur » : « pour éliminer les ondes négatives entre nous », avec cette voix forte et ces termes clairs, cette chaleur communicative et contagieuse, généreuse et ces paroles mixtes de sagesse, de révolte et d’amour universel festif.

Cette fois le solo de fender rhodes est limpide et iodé dans une transe aquatique, marine. Korbo prêche en guérisseur de l’âme et des cœurs, des esprits : « La Douleur peut disparaître puis revenir plus forte », avant un autre solo très puissant du saxophone, comme ululé, samplé par le laptop, de plus en plus apocalyptique.

Apocalypse qui viendrait, cette fois, vengeresse, de l’Afrique, avançant sur ce dub de feu. Le saxo hûûrle, en extase, se balance dans l’ombre, puis revient sur le riff sur la batterie en broken Beat, dernière improvisation entre électro, dub et énergie funky..

Bref, Fanga a apporté toute la générosité et l’énergie de l’Afrique au festival Contre-temps 2009.

Afro-Beat , Coup de coeur , Festival Contre Temps , Funk-Jazz , Rare-Groove , Strasbourg , Tribune libre

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